Texte libre

  1. BUTS DE L'ASSOCIATION
  2. * Promouvoir le secteur des arts plastiques et  le développer au niveau de l’encadrement, la formation, l’exposition et l’animation.
  3. * Etablir les liens entre les artistes plasticiens de Tunisie de le l’étranger et échanger les expériences entre eux .
  4. * Promouvoir les pratiques artistiques et enraciner les traditions des arts plastiques dans  l’environnement humain et architectural .
  5. *  Développer les procédés artistiques basés sur le multimédia .
  6. * Collaborer avec les établissement universitaires dans les domaine des arts plastiques .
  7. * La création d’une base de données, la documentation et l’édition  du  patrimoine artistique de la région de Mahdia
     

CONTRIBUTIONS

Vendredi 6 juin 2008

SYLVIE BOURGOUIN - VERNY

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                              

                                       LA PEINTURE MAHDOISE

    

                DEUX CRITIQUES : KAMEL MILI et FEÏZ SFAR

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JUIN 2008

 

                                                            KAMEL MILI

 

 

 

 

Né en 1962 à Mahdia

Artiste peintre autodidacte

Président du Forum

Membre de l’Union

Expose depuis 1990

 

 

 

 

 

 

La rondeur protectrice des chapeaux, la longueur élégante des écharpes blanches, la dignité salvatrice des voiles, les personnages de Kamel Mili avancent avec la grâce d’un vendredi de marché à Mahdia. Les couleurs chaudes et naturelles, terriennes et maritimes de l’ocre, du rouge, de l’orangé et de l’infinie déclinaison des bleus soulèvent la poussière du sol dans un instantané intense du mouvement.

 

 

                                  

                                                      

 

           

 

Les barques du Vieux - Port et le pêcheur coiffé ancrent le temps dans un arrêt sur image du bleu de l’universel tunisien. La Méditerranée peinte comme une fleur que l’on cueille, à portée de main, le filet dans l’eau adoucit la Mer, la rend docile et calme, attendrissante.

La pêche éternelle, noblesse de l’écoulement et de la traversée du temps, la reprise des mailles des filets, pureté d’une occupation, laissent les rames libres, flottantes, apprivoisées. Un lac.

                                              

La touche épaisse, infinie de la mer par tons pastels blancs et bleus tresse la toile. Deux barques parallèles, similaires, complices se croisent, instantané d’éternité, arrêt sur image mahdoise. Le même chapeau que sur la scène urbaine protège l’élégance du travail humain, la forme ronde rapproche le pêcheur qui poursuit ainsi son travail au zénith.

 

Le reflet de l’image dans l’eau voudrait prolonger ou contenir cette beauté. L’homme de la mer travaille en chemise blanche comme le voile de la femme porté dans la marche urbaine. Le blanc du ciel, le blanc de la barque, le blanc du vêtement illumine de clarté l’immobilité de la barque arrêtée.

 

Passé l’art figuratif et traditionnel des scènes de la quotidienneté mahdoise, Kamel Mili trouve son style même s’il reprend les thématiques marines. Un mur peint de blanc et de bleu barre alors l’horizon, rectangles de peinture au couteau, le ciel et la mer se rejoignent. La toile atteint la modernité dans la forme cubique, angulaire du rectangle. Les hommes travaillent encore dans l’osmose ou l’harmonie maritime. La pêche reste une activité noble, ancestrale, les hommes de la mer entrent dans le mythe de la Mer Méditerranée. Le blanc des chemises, des barques se mêlent encore au bleu de l’horizon pour illuminer la toile de son éblouissement.

 

 

   

                                                                                                         

 

 

 

Enfin, Kamel Mili accroît sa distance avec le figuratif, le réalisme et accentue sa manière propre de la peinture au couteau par rectangles de couleur successifs.     

 

Les scènes mahdoises de souk, de marché, que l’on ne veut pas quitter, de marche en ville s’enchaînent dans la beauté d’une palette blanche et bleue. Le camaïeu des bleus, cobalt, outre - mer, indigo rend maritime une scène de ville, vive, moderne, dynamique.

 

La peinture de Kamel Mili, privilégiant le motif de la vie quotidienne et traditionnelle se rapproche de l’Ecole de Tunis tout en renouvelant la manière de représenter tant la réalité que l’imaginaire tunisien. Le peintre avec son art « nouveau » met en valeur les traditions ancestrales, garde une sensibilité populaire en leur octroyant une touche moderne de superposition et sait renouveler l’essentiel de l’art pictural traditionnel. Les œuvres sollicitent l’œil et l’émotion par leurs couleurs diurnes et nocturnes tout à la fois et le cœur par les thèmes inspirés des lointaines et non moins vivantes traditions.

 

Aux figurations traditionnelles trop lucides, trop extérieures, il ajoute la projection inédite née de la superposition, à la frontière du réel et de la subjectivité ou le souci volontariste de construire est relayé par le mouvement plein d’émerveillement des êtres et des choses.

 

Kamel Mili est le témoin du monde, de sa ville et garde la probité de « réciter » les choses. En les décrivant, il modifie les références au réel, son système de coordonnées du visible sera la mouvance, l’instant photographié où explosera la beauté de Mahdia. L’univers de Mili marque la volonté de rejoindre, d’avancer, de toucher la modernité, de ne pas s’arrêter.

 

 

Le quadrillage d’une rue pavée parallèle au souk, les briques de couleur d’une maison en devenir ou en construction, les scènes mahdoises s’éternisent entre la mosquée et les cafés ombragés de la Place du Caire, le camaïeu des orangés comme un plateau de fruits. La beauté de sa peinture est dans sa vivacité, l’agilité, le mouvement qu’elle attire et réfléchit.

 

Si dans la thématique, les scènes traditionnelles sont préservées et exposées, Kamel Mili quitte l’enluminure et l’arabesque, les formes de l’art de l’Islam pour rejoindre l’Europe et la forme cubique du carré et du rectangle. L’angle droit, certes de couleur, conceptualisé devient la norme comme si la volonté de bâtir passait par l’usage de l’angle et de la droite, trouvant dans la forme géométrique une force de cohésion, d’enracinement, de rassemblement.

 

 

                                                          

                                                                                                                                                                     

 

 

 

 

Kamel Mili, homme vif, charmant, raffiné et civilisé poursuit sa quête d’un ailleurs en bâtissant

de sa chaude palette les chemins de traverse, les passerelles possibles, unificatrices entre Orient et Occident. Ces toiles dans l’Atelier sont comme intégrées aux ruelles de Mahdia, aux échoppes, aux boutiquiers, offertes aux passants, aux habitants, aux touristes de passage. Accueillantes et souriantes, elles ont les couleurs vives qui éveillent et apaisent. L’émotion reste grande quand un peintre peint son lieu d’origine, natal. L’homme et l’oeuvre par la langue et le langage de la peinture renvoient en émouvant à Mahdia, la ville, la capitale originelle.

 

 

Cet ailleurs peut être rattaché à une localisation réelle avec ses matériaux et à l’élaboration d’ une tradition culturelle. La narration de Kamel Mili tiendrait ainsi de l’art du conteur populaire. Même transfigurées par la modernité, l’artiste laisse entrevoir les lignes douces et pures du vieux bassin portuaire punique ou la vie calme des pêcheurs déroulant leurs filets jusqu’au bord de l’onde et autre lieu, autre paysage de son enfance, les ruelles centrales de la ville entre souks, minarets, et mosquées.

Il livre les mêmes images sans cesse renouvelées d’une conscience mondiale de la Méditerranée régnante, historique et conquérante, préservée et rayonnante, retrouvée de toute éternité, de la joie de la mer en aller avec le soleil.

 

Kamel Mili marche aussi dans ses rues qui sont les siennes et apparaît comme un peintre enraciné dans le paysage urbain, fort et en devenir, tissant de sa palette narrative l’actualité mahdoise. Ses triptyques comme des retables avancent telle la marche vive de cinq heures, le thé à la menthe, la criée du port, le rythme des travaux et des jours.

 

 

 

 

 

           

                                              

 

L’impulsion créatrice est relayée au moyen de la syntaxe de la peinture. Par une ambiguïté spatiale et temporelle, Kamel Mili distribue le temps comme les cartes de Mahdia, à la rapidité et à l’importance d’une ancienne capitale. Les lieux de pouvoir et les lieux sacrés s’exposent par l’opposition ou la confusion entre le fermé et l’ouvert, le dedans et le dehors. Les histoires de Kamel Mili semblent chargées de sagesse, absorbée dans la quotidienneté avec ses espérances et ses inquiétudes, luttant contre le temps, frappant aux murs de la peinture avec la force de ses pigments, brisant les portes des durées, des hiérarchies et des institutions pour retrouver, rejoindre son Atelier.

 

Le peintre réorganise les éléments du visible pour exprimer sa réappropriation ou sa remémorisation de Mahdia. De ce flux intérieur naît sa propre expression plastique, ses « motifs » graphiques et chromatiques où la forme  prolonge la vision du peintre. Est - ce une poétique de la disparition qui s’opère, un effacement des yeux qui annule la cartographie du visage et atténue les limites du paysage, un mode d’expression en devenir, à définir ?

 

Dans le style de Kamel Mili se lit en filigrane les cieux et les marines de la palette impressionniste et une certaine véhémence expressionniste enracinée dans l’enfance. Cet art de la mémoire au rythme soutenu et effervescent est à la fois un mode de vie et une stratégie tendant à conjurer le temps. Construire, toujours construire, bâtir et rebâtir les décors de la ville natale éternelle, composer et recomposer l’espace et le temps, le chevalet de la mer, la palette des ruelles, la pérennité des échoppes. Kamel Mili glisse dans Mahdia comme les barques quittent le vieux port, sa marche sûre et rapide conduit à l’Autre, à la grotte des amis, aux sourires amitieux des travailleurs de la mer, pêcheurs, marins, plaisanciers, navigateurs à l’aventure sereine de la peinture renouvelée. Fier de son art, il impose la vision du royaume méditerranéen,  la certitude de son accomplissement, la transmission de la conservation transfigurée de son patrimoine.

 

Les couteaux de Kamel Mili fendent la toile comme la brise traverse l’espace. La peinture voit, la peinture tranche, le peintre décide, conserve, éveille le sens et ouvre un espace de parole, de controverse et de civilité. La beauté vive qu’ils répandent sur Mahdia, leurs forces fauves, unifie, ressource et revivifie, reproduisant à l’intérieur la vigueur marine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 6 juin 2008

FEÏZ SFAR

 

 

 

Né en 1982 à Mahdia

Architecte d’intérieur

Artiste peintre

Premier prix du concours de la BH pour les arts 2005

Expose depuis 2002.

 

 

 

 

Feïz Sfar évolue dans un monde raffiné, onirique et idéalisé. Sa recherche est de capter les atmosphères recrées à travers la peinture. Des bleus aux dégradés infinis, à la profondeur marine si puissante, si intense que le fond chercherait une limite, Feïz Sfar nous plonge dans l’univers radieux de l’abstraction de la peinture tunisienne. Le camaïeu des outre - mers, des turquoises, des cobalts, des indigos d’une mer civilisée comme une piscine d’hôtel reflète une lumière de jour comme une lumière de nuit qui décline ses variations dans l’intemporalité de ses tonalités.

 

 

 

                                            

 

 

 

 

Comme celle de Kamel Mili, la palette de Feïz Sfar est attrayante, chaleureuse et généreuse.

La nature embryonnaire, microscopique, larvaire ou végétale s’expose dans la jubilation de la couleur.

Les camaïeux de rouge, jaune, orangé restituent la lumière nocturne dans une recherche sur le clair - obscur. Les lumières nocturnes et inquiétantes aux motifs dentaux des pavés de couleur s’entrechoquent. Des figures géométriques encore à définir s’imbriquent. Des remparts et des créneaux se rejoignent, triangles et équations s’entremêlent dans la force nouvelle du rouge. Une succession de croix tel un nouveau cimetière, un horizon de rouge comme un coucher de soleil, le magma fusionnel d’une puissance nocturne nouvelle d’un monde à l’état d’un rêve, d’un imaginaire qui s’éveille. La vague orangée de la lave cervicale sur le fleuve nocturne et la lumière diurne siègent, se tendent et maintiennent au centre de son état le rouge dans sa splendeur dirigeante. Un repas de poissons se dressera - t - il au milieu de la nuit, une ville nouvelle se mettra - t - elle en place derrière les fortifications anciennes, une barque prendra - t - elle le large au milieu du port de la nuit ? Le rouge tiendra en éveil le paradis du lever du jour.

 

 

                       

 

 

 

Sa couleur sanguine accouchera - t - elle d’une vérité en peinture comme celle de Rafik El Kamel ? L’emportement par les flots de sa phosphorescence navigue et atteint par sa délicate fantaisie l’onirisme des siestes. Est - ce une rêverie que suscite Feïz Sfar dans la réappropriation par la peinture de son imaginaire ou la recréation « d’une atmosphère » comme il se plaît à le dire. Répond - il à la volonté forte d’ancrer son art dans l’historicité en refusant d’une part la représentation tout en exposant la puissance de l’abstraction ?

 

Les grands panneaux verticaux, rectangulaires où les camaïeux des rouges, jaunes, orangés teintés de verts et de bleus ou dans une autre de ces toiles de rouge violacé ou plus simplement de rouge, de rose et de carmin. Le rouge sanguin et sanguinaire, le rouge natal du bain de sang et du placenta, le rouge mortel de la bataille, le rouge tonique du « bœuf écorché » ou des natures mortes aux pommes éveille même la nuit. L’œuvre peinte de Feïz Sfar semble trouver alors une sorte d’acmé dans ces formes rectangulaires rouges. Pavés de couleur d’un mur en devenir, quai d’une ère nouvelle, architecture de couleur comme les monochromes bleus d’Yves Klein, la palette s’harmonise, découvre et transcende le rouge cher à Rafik El Kamel.  

 

Que lit - on ? Que voit - on subitement dans ces roses violacés que l’on trouve dans la peinture

d’Ahmed Hajeri ? Une bougie, une nature morte, une matière en fusion, l’entrée dans un nouveau monde. Si la palette surprend, rouge, verte et rose, les formes géométriques – le carré, le rectangle, le cercle, le cylindre – donnent le vertige de la construction.

Feïz Sfar reste fidèle à sa manière, séduisant, vivant où s’entremêle la vivacité des verts, des bleus, des jaunes, orangés et rouges, forêts de couleur, respiration naturelle végétale et maritime reprend et poursuit son œuvre dans la profondeur nocturne des rouges.

Nervures de rouge comme les racines dans la couche d’humus, couche de jaune comme la minéralité du sous - sol, solin de bleu comme l’empierrement de la terre, la toile rejoint le sol dans le lien violacé du réseau sanguin.

 

 

 

 

  

 

 

Cette toile de Feïz Sfar, nature morte abstraite, décline des formes rouges et jaunes qui se devinent dans un voile de couleur mauve. Les pots d’étain ne sont pas représentés ou représentatifs, on peut surprendre la mousseline d’une nappe dressée, les formes négatives comme on le dit d’une photographie d’une louche, d’une théière, la grâce à demi - révélée d’une corolle de fleur. Cette toile si gracieuse, forte et décorative avancerait si profondément dans l’histoire de l’art qu’on retrouverait les fonds sombres et voilés, secrets comme les mystères des toiles de Rembrandt

 

L’inquiétant dégradé de mauve, de violet, de rouge au centre laisse siéger le négatif d’un chandelier ou d’un bouquet de fleurs. L’épaisseur et le relief de la matière déclinent les bleus, les rouges, les jaunes, les vieux roses pour atteindre les violets d’une beauté profonde, riche, interrogative, nocturne et secrète.   

 

On peut parler pour l’oeuvre de Feïz Sfar de la noble matière, substance accueillante, prête à recevoir l’esprit des formes, selon la religion de la lumière. La matière n’a pas perdu ses propriétés initiales intégrée selon un processus vertigineux tout à la fois long et rapide. C’est la matière éblouissante du jour dans la nuit, de la nuit dans le jour, du ciel sur la mer. Dans cette éclosion du fond, dans cette luxuriance de la palette et de la composition, dans l’irrésolu et l’interrogation des formes, dans l’entrelacement et l’interstice reste l’apparition d’un intervalle, d’un questionnement, d’une parole. Au commencement de l’acte de peindre émerge le livre du sans - fond, du non - lieu, de la forme redessinée, le point de départ d’une œuvre picturale reste une consumation totale de l’espace.

           

 

 

                                                                                                                                                                          

 

La  description échappe à cette fulguration de l’ouverture de la matière au visuel, non pas telle ou telle figure déterminée  mais à la potentialité figurale, à la représentation questionnante, à la palette mouvante de la nuit et du jour. Par la diplomatie de la couleur, l’arithmétique des proportions, la peinture de Feïz Sfar trouve son cheminement, proue visible de l’instant où l’invisible surgit comme un révélateur photographique, une arche numérique, non comme un événement qui survient de l’extérieur qui commente ou qui définit mais comme  une « résurgence » venant du sans - fond.

 

Cette toile de Feïz Sfar retrouve le bleu originel, le bleu initial, tunisien et méditerranéen, fruits végétaux et fruits de la mer mêlés. Le bleu devenu turquoise, cobalt et indigo coule sur le jaune orangé éclatant d’un soleil d’été. La fécondité de la couleur, les graines, les algues parcourent la toile dans une vague de vitalité. L’ovale frappe le cercle de la mer utérine, les champs de blés marins, verts puis mûrs jaillissent de ces roseaux. Les mammifères marins aux formes rondes, puissances mythologiques glissent dans la profondeur immatérielle des temps et des fonds, l’éclat des couleurs éveillent les sens d’une mappemonde revisitée. Le dédoublement, le double et la doublure des couleurs, la projection de soi se reflète dans le bleu du miroir maritime, reflet narcissique de l’amour. Les mélanges archaïques, initiaux de la palette, bleu et jaune pour le vert, bleu et rouge pour le violet offrent la tonalité scolaire d’une leçon de peinture. Le mouvement flotte, entraînant le regard du spectateur dans le courant irrésistible de sa force.

 

Est - une aventure de la matière, un espace onirique indestructible offrant ainsi une infinité de possibilités ? Les émotions se bousculent et s’engagent à travers les possibilités infinies de l’expression plastique. Feïz Sfar rend éblouissant les mélanges de jaune, d’orangé, de violet, de bleu et de vert. La fraîcheur de la beauté durable, les formes sous - marines encore en devenir, les instantanés de couleur aux lignes indéfinies plongent dans un univers moderne, décoratif, accessible, attirant et séduisant. Les camaïeux des violets, mauves, violines, vieux - roses retiennent les sens comme un bain d’algues, un schiste et une corolle de rose.

 

 

 

 

 

 

 

La recherche expérimentale sur la technique et la matière, l’évolution, oscille sous nos yeux et se démultiplie. Le spectateur est invité à explorer le monde infini de l’expression abstraite. Une investigation s’ouvre sur un jeu de variations articulé entre le vide et le plein, le négatif et le positif. Est -ce un jeu complexe entre le graphisme et la matière ? Comment réunir Aristote et Avicenne ?

Les toiles entre jaune, orangé et rouge concluent ce regard sur l’oeuvre de Feïz Sfar. Une coulée de lave, un coucher de soleil, une échographie, les forces externes, les éléments traversent la toile. La couleur se couche à l’Ouest, son rayonnement dans la clarté du jour étend sa luminescence la nuit tombée. La matière et le rêve coïncident, le moi s’absorbe et s’abandonne. Le monde des formes reconnaissables n’occupe qu’une place réduite au milieu d’autres combinaisons possibles.

 

Ce dernier triptyque, retable à la manière de Kamel Mili, trois panneaux de peinture rouge, rosé, orangé laisse couler le sang dans les veines du placenta au HIV, l’oeil du centre de la terre fait battre le cœur de sa puissance tourbillonnante, le cyclone de la couleur transperce les barrières géographiques et livre de sa nouvelle cartographie le sol d’une planète, le totem de la peinture.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Texte libre

Forum des  

Artistes

Plasticiens de

Mahdia

( Mahdia ...

c'est en Tunisie )

Présentation

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus